12 février 2010

Une journée comme les autres

Bagarre

La plaine résonne de grognements et de jurons étouffés. L’Indien donne des coups  adroits de son arc sur le dos du Pirate. Celui-ci titube en essayant vicieusement ( et vainement) de faire un croche-pieds à son adversaire. Il faut dire qu’il a un peu trop fait la fête la nuit dernière et qu’il a encore la gueule de bois. Ce qui se révéle une bonne chose au final. En fait, il trèbuche d’un coup sur ses propres pieds et se retrouve hors de portée de l’arc. L’Indien, surpris, n’arrive pas à suivre les mouvements chaotiques de son adversaire.

Le Pirate en profite pour se redresser et envoyer son poing dans l’estomac de l’autre. Le Peau Rouge grogne et brandit son arc en signe de vengeance. Il en asséne en grand coup sur l’épaule du Pirate, qui essaye de lui casser sa bouteille de rhum sur la tête. Heureusement, il voit double. Et a cogné sur la tête du mauvais Indien, le jumeau inexistant. C’est que c’est sournois une hallucination éthanolée !

Le Peau Rouge saute sur cette diversion pour filer un coup bien vicieux de son arc dans le tibia du Loup de mer. Qui se met à râler.

_ «  Saleté de comanche ! Qu’est ce que tu me veux d’abord ? Pourquoi t’es là ?

_ Je suis chez moi ici,  sac à vin ! Tu as envahi sur notre territoire, espèce d’outre imbibé !

_ J’envahi rien ! je fais que passer ! J’ vais à la plage ! »

L’Indien secoue alors la tête, sidéré. Ces ivrognes imbéciles ne retiendront donc jamais la leçon ? La plage leur est interdite. Les Sirènes ne supportent pas leurs intrusions. Elles se vengent toujours et avec efficacité. Le prix à payer est très élevé pour celui qui ose les déranger. Mais ce sont de si belles femmes, et gardiennes de si beaux trèsors, que les Pirates ne résistent jamais longtemps à la tentation d’aller les voir. Ils sont surtout incapables de penser avec leurs cerveaux en ce qui les concerne, et se laissent guider par une autre partie de leur anatomie. L’uluberlu du jour n’échappe pas à la règle.

L’Indien décide de lui faire rentrer un peu de plomb dans la cervelle en lui mettant une bonne dérouillée. Il empoigne le Pirate par le col, alors que ce dernier essaye de lui mettre le doigt dans l’œil. Alors qu’ils gesticulent en s’insultant copieusement, la terre se met à trembler. Les deux zigottos se figent, tournés dans la direction du bruit. Qui ne présage rien de bon. Ils savent qu’ils auront bientôt des ennuis. Les Géants de Pierre sont pacifistes par nature mais ils prennent leurs rôles d’arbitres très au sérieux. Ils ne laissent jamais passer une bagarre sans intervenir. A chaque fois, ils débarquent de leurs lourdes démarches, attrapent les combattants par la peau du coup et les raménent chez eux. Où ils les laissent, rouges de honte. C’est terriblement humiliant de rentrer chez soi porter comme un chiot dissipé.

Malgré toutes leurs différences, les Pirates et les Indiens sont d’accord sur ce point.  L’antipahtie des Géants leur est commune.

Quand la silhoutte de granit se profile à l’horizon, nos deux loustiques échangent un regard et décident d’un commun accord de filer. Evitant ainsi l’humiliation et le ridicule.

Le Géant de Pierre les regarde cavaler dans la direction de leurs villages respectifs et hausse ses larges épaules. En soupirant, il détourne son immense carcasse et regagne à son tour son chez lui, au bord de la falaise.

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22 janvier 2010

Petit aperçu des habitants de Lléréhys 3

Et voici Rire.

Rire est un démon tentateur reconverti. Il a tenté des humains pendant environ 180 ans puis il s'est lassé et a laissé tomber. Il a pris du bon temps en voyageant à travers le monde. Un jour, il est arrivé sur Lléréhys et il n'en ai jamais reparti.

Il a élu domicile dans la cité pirate. Avoir abandonné son métier de démon tentateur ne l'a pas rendu vertueux. Il est, malgré ça, le plus charmant et sympathique démon qui puisse exister. Très drôle aussi. Particulièrement cynique et sarcastique mais très agréable. Bout entrain, c'est un meneur. Il faut dire qu'il est irrésistible. 180 ans de tentations, ça laisse des traces.

Il porte ce curieux nom, car dans son enfance, et ce pendant des années, il n'a pas parler, il se contentait de rire. Maintenant encore, il rit plus qu'il ne parle.

le dessin qui suit m'a été inspiré par un dessin trouvé sur le net il y a des années. J'ai été incapable de retrouver le dessin en question et encore moins sa provenance. Si son propriétaire passe par là et reconnais son oeuvre dans mon dessin, qu'il me le fasse savoir. Merci.

Rire0001

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20 janvier 2010

Petit aperçu des habitants de Lléréhys 2

Voici maintenant venir Alou. An contre coeur, bien sûr. Elle est très solitaire. Assez anti sociale. Très sombre également.

Elle vit dans la forêt, dans une caverne troglodite. Très bien emménagée et douillette ma fois. Alou sort rarement de sa forêt et se mêle peu aux autres habitants de l'île.

On a généralement plus de chance de la voir sous sa forme de louve que d'humaine.

alouette0001

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18 janvier 2010

Petit aperçu des habitants de Lléréhys

Puisque vous les avez briévement aperçu lors du Nouvel An, j'ai pensé qu'une petite présentation s'imposait. Je vais donc vous présenter les habitants de l'île.

Voici, Jonquille, mon amie dryade. Elle vit dans un des arbres de la forêt, près des falaises. Elle est arrivée Lléréhys il y a quelques années, alors qu'elle cherchait l'Atlantide à bord d'un radeau à moteur. C'est dans sa nature de tenter des expériences bizarre de ce genre. Puis de le regretter !

Jonquille0001

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03 janvier 2010

Un nouvel an à Lléréhys

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Un Nouvel An A Llerehys

J’émerge de ma salle de bains grise et turquoise, des fumerolles de vapeur m’escortent. J’ai passé l’heure précédente à me pomponner, à me couvrir de crèmes onctueuses, de paillettes et de parfums. J’ai revêtu une longue robe verte, sur laquelle j’ai jeté une épaisse cape noire.

Je referme la porte en souriant, un panier à la main. Au rythme de mes pas, les bouteilles d’hydromel et des jus de fruits roulent sur l’osier du panier.

Je laisse derrière moi le réverbère éternellement allumé qui marque l’entrée de mon domaine. Et je m’enfonces dans la grise obscurité de la forêt.

Le gazouilli de la rivière guident mes pas jusqu’à la clairière que traverse la rivière, là où un pont relie les deux rives. Le rendez vous a été pris de longue date et la lune est déjà là, veillant sur la clairière en nous attendant.

Ed est là aussi, occupé à installer des tables et à nourrir le feu. Les instruments de musique sont déjà là, posés sur l’herbe mais les musiciens ne sont pas encore arrivés. Je déposes les bouteilles sur la table, quand Will se laisse tomber de son arbre, rigolard. Il trimballe un gros sac, plein de cidre et de saucissons. Un éclat de rire cristallin annonce l’arrivée de Joncquille, ses petits pieds esquissant des pas de danse jusqu’à la table. Où elle dépose de longues et allambiquées bouteilles en argent, contenant sans aucun doute sa célébre liqueur de fleurs.

En retard, comme à son habitude, Rire débarque, tirant Alou par la main. Sur l’épaule de Rire, un gros sac tinte bryamment. Des bouteilles de rhum, certainement. Il passe trop de temps avec les pirates ! Alou, pour sa part, apporte le dîner, un sanglier qu’elle a chassé plus tôt dans la journée. Son habitude à elle, c’est de bouder. Elle reste fidèle à elle-même ce soir mais au moins elle est venue. Rire y est sûrement pour quelque chose, cela dit. Ils s’occupent ensemble de cuire notre repas, à la broche.

Accoudée à la rambarde du pont, Joncquille jete des pétales de fleurs dans l’eau de la rivière. Ed et Will discutent, assis dans l’herbe, pendant que j’accroche des lampions de couleurs aux branches des arbres. Le rire du Démon domine la scène, alors qu’il tourne la broche sous l’œil attentif de la Louve.

Une troupe de farfadets jaillit des buissons et s’emparent des instruments : mandoline, flûte, tambourin, accordéon et harpe. La mélodie envahit la forêt. Me prenant par la main, Ed m’entraine dans la danse.

Des quatres coins de l’île, arrivent des créatures magiques. Fées, gnomes, korrigans. Gobelins, pixies, dryades.

Rire rigole en tapant des mains, une joyeuse farandole traverse le pont à la suite de Joncquille. Will trinque avec une bande de korrigans. Entre amateurs de cidre, on se comprend ! Alou reste assise au coin du feu, grignotant un morceau de sanglier. Le silence est dans sa nature, la danse ne l’est pas. Mais elle tape du pied en rythme, discrétement.

Les chants et les danses, les éclats de rire et les jeux durent toute la nuit. Aux premières lueurs de l’aube, les musiciens arrêtent de jouer et remballent leurs instruments. Les fêtards se retirent et rentrent chez eux, qui dans un terrier, qui dans une maison, qui dans un arbre.

Après un ultime rire du Démon et de la Fée, le silence reprend ses droits sur la clairière et le soleil se lève. C’est fini, la nouvelle année commence. Et le soleil brille sur le pont.

A lire en écoutant ceci : http://www.youtube.com/watch?v=UW5BFpl7_9Q

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